Yahoo, Google et Apple adorent le vélo

Vous souvenez-vous du fameux « Computers are like a bicycle for our minds » de Steve Jobs ? A y regarder de plus près les grandes sociétés du Web nourrissent toujours une passion pour la petite reine.

Passage en revue de trois d’entre elles :

La société Yahoo! a eu plusieurs initiatives dans le domaine du vélo. Ce fut tout d’abord le yBike, un vélo équipé d’un GPS et d’un appareil photo qui télécharge toutes les 60s une nouvelle photo sur Flickr.  Il semble que le projet soit à présent interrompu mais vous pouvez retrouver les photos de ce projet sur Flickr.

Depuis Yahoo! s’est lancé dans le cyclisme version lycra puisque la société californienne possède une équipe de cyclisme professionnel : la Yahoo! Cycling Team

Bon je n’ai pas regardé les résultats sportifs de cette équipe mais Techcrunch a indiqué la raison pour laquelle Yahoo! se serait lancé dans l’aventure du vélo :

An online survey targeted at Silicon Valley Professionals revealed that an astonishing 50 percent are cycling enthusiasts and follow the local scene. The results were presented to the Yahoo! Management, the internet services company which operates the third most-visited website in the world, and prompted it to come onboard as the main partner to launch America’s newest team in 2010: Yahoo! Cycling Team.

La guerre pour le recrutement des talents est donc la raison cachée derrière la création de cette équipe de cyclistes.

La société Google s’est faite remarquer dans l’univers du vélo il y a quelques années suite à la distribution d’un vélo à ses employés de la zone EMEA afin de promouvoir les transports alternatifs. Le fameux Google Bike existait en trois versions : un vélo pliable développé par Dahon, un hybride pour femme et un hybride pour homme développés par Raleigh.

Mais évidemment le fait d’armes de Google dans l’univers du vélo reste le développement de la version cyclable de Google Maps. Cette version est disponible dans 200 villes américaines et est toujours en version bêta cependant elle a déjà permis de récolter plus de 20000 suggestions d’améliorations ou changements de la part de cyclistes américains, preuve que l’outil récolte l’attention des usagers. En proposant l’option vélo lors de la recherche d’itinéraires il est clair que Google facilitera le recours au vélo lors de déplacements urbains. L’amélioration de la qualité des itinéraires est par ailleurs favorisé par le recueil de données précises grâce au tricycle Google Street View et l’utilisation de données open-source.

La société Apple, par l’intermédiaire de son patron Steve Jobs, a une relation quasiment physiologique au vélo. Déclarer il y a trente ans alors qu’il travaillait sur ses premiers ordinateurs  que « What a computer is to me is the most remarkable tool that we have ever come up with. It’s the equivalent of the bicycles for our minds » incite à penser que le vélo en tant qu’objet minimaliste et efficace a été perçu comme un concept à suivre voire imiter.

Dernièrement Apple s’est intéressé au vélo en tant qu’objet communicant et a déposé une série de brevets définissant les contours du Smart Bike :

Apple’s patent is about using a new iPod or iPhone system primarily on a bike so that they could share information with other cyclists riding in a group. It could also provide feedback to cyclists regarding their performance or the performance of other cyclists with whom they are riding.(…) Just as in the Nike + iPod program, the user will be able to map their own bike courses on a map or view bike courses of other riders if you’re looking for a particular path in respect to distance or difficulty. Additionally, the patent points to the iPhone having the ability to retrieve directions (e.g., turn-by-turn directions) for accessing or following a route or course. The system may also one day work with services such as Google’s Street View that will indicate landmarks and so forth.


Dernier apport d’Apple à l’usage du vélo : l’iPhone. On ne compte ainsi plus les applications consacrées au vélo ou les accessoires iPhone. Mais c’est du côté des vélos en libre service que l’iPhone révolutionnera peut-être l’usage du vélo en ville. En effet SoBike se propose de faciliter la location de vélo de courte durée grâce aux smartphones et la technologie sans-fil. A l’état de prototype le projet devrait être testé à New-York cet automne.



« Mon Tour en France » de Guillaume Prébois

"Mon Tour en France" de Guillaume Prébois Si vous lisez jepedale.com régulièrement vous avez sûrement entendu parler de Guillaume Prébois. Journaliste de profession mais cycliste de passion, il a débuté ses aventures à vélo médiatisées en 2007 lors de « L’Autre Tour », il a enchaîné en 2008 par les « Trois Grands Tours » et a enfin effectué le « Tour du monde en 80 jours à vélo » en 2009 dont le recueil des chroniques et des photos vient de paraître.

2010 n’est pas l’année d’un énième défi sportif mais celle du luxe ultime, celui du temps. Guillaume a ainsi décidé de partir à la rencontre des français à la force de ses mollets. Débuté à Algajola en Haute-Corse, vous pouvez suivre son périple tous les jours en dernière page du Monde.

N’hésitez pas à consulter son site pour retrouver les photos de chacune des étapes et cette carte pour suivre son parcours ainsi que des extraits de ses chroniques.

Bonne route Guillaume !

Le vélo à Londres

Après ParisAmsterdam, Bruges et Copenhague, voici venu le tour de Londres.

On a déjà vu que l’Angleterre avait une réelle passion pour le vélo. A tel point que des journaux comme The Independent (Le bon moment pour faire du vélo) ou The Guardian (Vélib à Londres) y ont consacré de longs articles et que le maire de Londres le pratique à ses risques et périls !

A l’occasion d’un déplacement à Londres, je me suis donc amusé à photographier tout (ou presque) ce qui roulait. Le constat est simple : Londres est bien plus avancé que Paris. A la fois en terme d’usage que de vélos eux-mêmes. On trouve ainsi du beau matériel roulant, cela va du fixie à cadre Peugeot au Brompton en passant par le vélo de route Specialized et un vélo Google !

Voici donc une sélection de photos, retrouvez le set complet de photos de vélos à Londres sur  mon compte Flickr.

Impressions de la Transvésubienne 2010

Cela n’est pas dans les habitudes de jepedale.com mais voici un article rédigé par un invité suite à sa participation à la Transvésubienne 2010.

Julien a été un amateur très éclairé de vélo (VTT & route) mais a depuis quelque peu raccroché pour raisons professionnelles (NDLR: il a pris du poids quoi !).

Il vient pourtant de participer à la Transvésubienne et a bien voulu partager ses impressions de l’intérieur. (A noter que sa dernière phrase a été écrite sous le coup d’un déchaînement d’endorphines suite à son effort intense et ne peut donc en aucun cas être prise au sérieux :p )

Cher Julien, je te sais gré d’avoir couché sur papier tes impressions de cette magnifique course. Merci également pour les photos et bien évidemment bravo pour ta Transvésubienne 2010!

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Julien Egle : j’ai 27 ans, je suis passionné de mer, de montagne et d’Amérique du Sud. Je suis un ex-coureur cycliste pour l’OCC Antibes, le Sprinter Club de Nice et l’UC Monaco. J’ai participé à différents championnats de France route et VTT.

Pour ceux qui aiment le VTT, il y a de quoi être servi avec la Transvésubienne. Cette épreuve se déroule chaque année à travers la vallée de la Vésubie qui s’étend de l’arrière pays Niçois jusqu’au Mercantour.

Fondée il y a déjà plus de dix ans, cet évènement regroupe de plus en plus de participants de toute l’Europe venus s’affronter aux rudes sentiers des Alpes du Sud.

En 2010 on atteint quasiment les 1000 engagés. Même pour les premiers c’est une course contre soi-même où il faut savoir gérer son effort tout en épargnant son matériel au maximum afin de franchir la ligne avec toutes les pièces !

Après une première participation en 2006 à l’époque « compétition » j’ai re-signé cette année avec le simple objectif de terminer. On sait en s’inscrivant qu’on ne pourra pas se passer d’un minimum d’entraînement. Je m’étais fixé l’objectif de la Transvésubienne afin de reprendre une vie sportive un peu plus soutenue. En effet, lorsque la famille ou le travail prennent la priorité, on a parfois tendance à réduire le temps qu’on passe à faire du sport. C’est peut-être un tort, quand on est en forme ne gère-t-on pas mieux le reste ?

J’ai commencé ma préparation quelques mois avant par un peu de ski de randonnée, de la course à pied, de la piscine, de la gym maison, et un peu de vélo quand même mais essentiellement de la route. Ma meilleure semaine je suis parvenu à placer 12 heures d’entraînement et 2 cyclosportives sur route pour faire du foncier.

Après une courte nuit dans le dortoir d’une auberge à St Martin de Vésubie avec deux des favoris de l’épreuve, Julien Tournebize et Thibault Legastellois, on enfile notre tenue et on prend notre sac à dos contenant : à manger pour une tribu, du matériel de réparation, un sifflet, un téléphone et une couverture de survie (obligatoires).

Nous voilà au petit matin le jour J, fraîchement levés à 4h00 pour un départ massif 2 heures plus tard. Je me retrouve dans la première vague entouré de VTTistes de toute espèce. On croise du descendeur qui a décidé de se mettre au sport armé de protections, au coureur de cross country qui a décidé de se mettre à la descente, sûrement quelques habitués de raids et évidemment les touristes qui, comme moi, viennent passer une bonne journée pour le paysage.

Feu donné, départ lancé, on commence à froid par un petit apéro de 800 mètres de dénivelé en peloton. Au sommet ça s’effrite pour partir dans une descente assez technique en sous bois. Les descendeurs fous hurlent « attentiooooooooon !! » dans l’espérance que les autres s’écartent. Parfois ça met bien la pression en tout cas !

Les jambes sont OK mais il ne faut pas s’enflammer, car c’est la gestion de l’effort qui permet de terminer. On continue une succession de montées et de descentes en découvrant les premiers portages avant d’entamer une descente sur le magnifique Brec d’Utelle mais qui laisse des douleurs au bras car très pierreuse et irrégulière. Je continue la progression avec un participant qui avait une roue soudainement devenue carrée mais qui apparemment ne voulait pas renoncer. Je me rends compte qu’il manque du VTT à ma préparation et que des grosses lacunes techniques vont ralentir la journée.

Le soleil commence à chauffer et on entame la montée vers le col de la Madone avec un premier long portage vélo sur le dos. Les portages ça fait mal et ce n’est pas ce qu’il y a de plus marrant mais on regarde tous nos pieds et on fonce vers le sommet.

Au sommet, arrivé au premier grand ravitaillement, il y a beaucoup de monde et tous sont affamés. A ce stade, on a passé les 4 heures de course. On repart sur un enchaînement d’une très belle et longue descente raide et technique avant d’entamer la torture de la journée en plein cagnard: la montée du Dragon. A cause d’une mauvaise gestion de mon alimentation, je dois faire une pause de 10 minutes en pleine ascension. Une barre de céréale, un babybel et le paysage me remontent le moral et me permettent de repartir.

Dans la descente suivante, on entend des « ahhhhhhhhhhhh ahhhhhhh » ; avec assez de lucidité on se dit que cela pourrait bien être quelqu’un ! En effet, un concurrent ayant raté son freinage se trouve 3 mètres plus bas. Sur ce genre d’épreuves on se file tous un coup de main et c’est ça qui est bien ! On l’aide à sortir de son trou et après s’être assuré qu’il allait bien nous nous laissons sur un « bonne chance mon pote ». En continuant, je croise un ami sur le parcours qui me donne un sandwich, de l’eau et m’informe que Maxime, le frère de mon ami Sylvain, a fait une mauvaise chute dans un ravin et donc a dû être hélitreuillé. Heureusement il ne laisse qu’une cheville dans la bataille mais gagne néanmoins une belle balade en hélico direction les urgences. Comme quoi on peut se faire mal, prudence donc.

Ensuite une phrase raisonne sans cesse dans nos têtes : on n’a jamais été si proche de l’arrivée… on n’a jamais été si proche de l’arrivée…on n’a jamais été si proche de l’arrivée… et pourtant, il reste bien 3 heures à tirer dans l’arrière pays niçois : Aspremont, Levens, Mont Gros et sa belle descente. On termine par un passage dans le Paillon, cours d’eau où se jettent tout les égouts Niçois. De quoi arriver avec un bon parfum dans la dernière ascension vers les arènes de Cimiez à Nice où nous attendent : une superbe hôtesse qui, malgré l’odeur des participants, nous collera un autocollant finisher, une paëlla ainsi que ma famille et mes copains !

L’organisation de cette épreuve a été superbe du début à la fin, la signalisation était bonne, la sécurité assurée dans une mesure suffisante, les ravitaillements étaient complets, l’ambiance excellente et les participants tous sympas. Seul bémol, l’épuisement de l’eau sur un des ravitaillements qui ne m’a pas causé trop de torts mais a dû désagréablement en surprendre certains. Le plaisir était au rendez-vous malgré les souffrances attendues. Les paysages étaient magnifique, les descentes ludiques, et évidemment le plaisir du sport était au rendez-vous. A noter les nombreux passionnés de vélo sur certains points du parcours pour nous soutenir !

Après 10h30 d’efforts, on a gagné un autocollant, on a fait 86 km en distance, 3300m de grimpe et 4800m de descente. Le soir direction la boîte de nuit pour fêter cela ! Pour ma part ça sera plutôt le lit dès 21h30…

On vous attend donc pour la Transvésubienne 2011 avec Sébastien à qui cela a donné envie de faire du VTT.

Interview de Isabelle Lesens, expert en politiques cyclables

Isabelle inaugure un nouveau format d’interview sur jepedale.com : l’interview-vidéo !

Isabelle est la personne la mieux informée du web français en ce qui concerne les « politiques cyclables ». Salons, comités scientifiques, plans vélo, monde associatif, institutionnel, rien ne lui échappe. Elle a d’ailleurs fait de son expertise, son métier.

Son blog recèle de pépites et vaut vraiment le détour, en plus en ce moment vous pourrez découvrir sa dernière production : « Le guide des vacances à vélo 2010 / 2011″.

Merci à toi Isabelle d’avoir essuyer les plâtres de cette première interview :)

Pour les plus pressés, voici le chapitrage de notre entretien :

00:14 En quoi consiste le travail d’expert en politiques cyclables

02:27 Faire bouger les politiques

03:11 Le double-sens cyclable est-il dangereux ?

06:25 Et maintenant si on supprimait les feux rouges ?

07:26 Que penses-tu des autoroutes à vélo ?

08:44 Quelle est la place du vélo dans le projet du Grand Paris ?

10:03 Le système vélo ?

10:44 En conclusion ?