En ville, la voiture roule à 14 km/h : un VAE 25 km/h suffit déjà à la battre

Une voiture en ville plafonne à 14-15 km/h de moyenne quand on compte les feux rouges, les embouteillages et la chasse au stationnement (Upway, 2023). Un VAE urbain maintient 18 à 22 km/h d’un bout à l’autre. C’est 30 à 40% plus rapide, sur les trajets où vous pensez que la voiture « va plus vite ».
Pour ceux qui utilisent des véhicules à moteur, il est essentiel de choisir des produits de qualité, comme l’huile castrol 5w30, pour garantir une performance optimale.
Ce n’est pas spécifique à Paris. C’est comme ça dans la plupart des centres urbains français. Le ministère de la Transition écologique l’a mesuré en 2023 : les trajets à vélo font en moyenne 3,4 km et durent 19 minutes. C’est exactement ce qu’on parcourt au quotidien – commerce, école, médecin. L’ADEME a calculé en 2025 que 76% des Français vivent à moins de 4 km de leurs services essentiels. Quinze minutes à vélo, tranquille.
Mais pourquoi le speed bike 45 km/h fait-il autant de bruit ? La promesse semble claire : aller plus vite, rogner sur les temps de trajet, vraiment laisser la voiture au garage. Frédéric Héran, urbaniste spécialiste des mobilités, dit quelque chose qui mérite de rester en tête : « Pour remplacer massivement la voiture en ville, le plus efficace n’est pas d’aller plus vite, mais d’oser se passer de voiture la plupart des jours. »
Sur des trajets de moins de 10 km en centre-ville dense, le speed bike n’offre rien de plus qu’un VAE. Le marché le confirme d’ailleurs : 738 454 VAE ont été vendus en France en 2023 (Syklo, 2025). Les Français ont tranché avec leur portefeuille.
VAE urbain vs speed bike 45 km/h : ce que la loi change vraiment pour vous au quotidien
La loi impose un cadre totalement différent selon le vélo que vous choisissez. Ces différences modifient votre expérience quotidienne de bout en bout.
| Critère | VAE 25 km/h | Speed bike 45 km/h |
|---|---|---|
| Catégorie légale | Cycle (vélo) | Cyclomoteur léger |
| Vitesse d’assistance / puissance | 25 km/h / 250 W max | 45 km/h / jusqu’à 500 W |
| Permis requis | Aucun | Permis AM ou B obligatoire |
| Immatriculation | Non requise | Obligatoire |
| Assurance RC | Non obligatoire | Obligatoire |
| Pistes cyclables | Autorisé | Interdit (chaussée uniquement) |
| Casque | Facultatif (fortement conseillé) | Casque homologué cyclomoteur + gants obligatoires |
| Coût fixe annuel estimé | Quasi nul (assurance optionnelle) | 150 à 300€ d’assurance + casque |
Sources : Backpower, 2023 ; Cyclable, 2022 ; Ville de Genève, 2021.
Voilà le problème le plus étrange : en ville dense, les pistes cyclables sont l’atout qui vous permet de quitter la voiture. Et c’est l’endroit où le speed bike n’a pas le droit d’être. Erwan Manac’h le dit bien : « Ce n’est plus vraiment un vélo mais un cyclomoteur électrique. »
Sur le même sujet : Batterie vélo électrique : booster son autonomie en ville sans l’abîmer.
Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2015, seulement 321 speed bikes avaient été vendus et immatriculés en France (AVERE via Weelz !, 2018). Le marché a progressé depuis, mais le chiffre dit beaucoup sur l’usage réel.
Le speed bike a un vrai territoire : les trajets périurbains de 15 à 30 km

Le speed bike n’est pas un mauvais produit. Il est simplement souvent vendu pour la mauvaise utilisation.
Son vrai terrain, c’est le périurbain. Jean Coldefy, spécialiste des mobilités, le formule sans détour : « Le speed bike est pertinent pour des trajets domicile-travail de 15 à 30 km, surtout en périurbain. » Stefan Ziegler, chez Stromer, confirme avec les données concrètes de ses utilisateurs : « Nos utilisateurs quotidiens parcourent en moyenne 20 à 25 km par trajet. »
Et sur cette distance, les chiffres deviennent parlants. Cyclable (2022) a mesuré que les speed bikes atteignent des moyennes réelles de 32 à 38 km/h en extra-urbain. C’est un gain de 10 à 15 minutes sur un trajet de 20 km par rapport à un VAE 25 km/h. À cette distance, les contraintes réglementaires (casque, assurance) deviennent acceptables parce que le gain de temps est tangible.
Le speed bike aide vraiment ces profils :
- Le salarié qui fait 22 km de banlieue à banlieue sans RER direct
- L’artisan en périphérie d’agglomération avec peu d’alternatives de transport
- Le territoire mal équipé en transports collectifs, où la voirie large remplace la piste cyclable inexistante
Guillaume Gouin le dit ainsi : « Son terrain préféré reste les trajets supérieurs à 15 km, où le gain de temps par rapport à un VAE 25 km/h devient vraiment notable. »
Mais en deçà de 15 km, dans un centre-ville avec des feux et des rues étroites, le speed bike perd tous ses avantages. Et il conserve toutes ses contraintes.
5 équipements sans lesquels ni le VAE ni le speed bike ne remplaceront vraiment votre voiture
Même le meilleur vélo électrique échoue si les conditions d’usage manquent. Le vélo n’est qu’une part du puzzle.
Pour aller plus loin : Rouler en toute sécurité avec un vélo électrique.
- Portage : porte-bagages, sacoches étanches, remorque pour les courses et l’ordinateur portable. Sans capacité de transport, vous garderez votre voiture pour faire les courses.
- Antivol de haute sécurité (niveau ART 3 ou SRA): sans vraie sécurité au stationnement, vous conserverez votre voiture par peur du vol – surtout pour un speed bike entre 4000 et 8000€.
- Batterie suffisante : au moins 600 Wh pour les trajets dépassant 15-20 km par jour. Le speed bike consomme plus à 35-45 km/h et l’aller-retour sans recharge doit être possible (données constructeurs 2023-2025).
- Équipements tous temps : freins à disque hydrauliques, pneus larges 40-50 mm minimum, garde-boue complets. Rouler 365 jours par an suppose un vélo vraiment préparé pour la pluie et le froid.
- Stationnement sécurisé : local vélo à domicile ET au travail, prise de recharge accessible, anneau de fixation. Olivier Schneider (FUB) le répète : sans arceaux de qualité et sans locaux vélo tout le long du trajet, le report modal reste fragile.
- Votre distance domicile-travail exacte (pas « environ 10 km » – vérifiez sur carte)
- L’existence d’un local vélo sécurisé avec prise de recharge à votre lieu de travail
- Le réseau de pistes cyclables continues sur votre trajet – ces trois facteurs comptent souvent plus que le choix VAE vs speed bike
Le réseau cyclable de votre ville est le vrai juge de paix entre VAE et speed bike
La qualité de l’infrastructure locale détermine souvent le choix plus que les caractéristiques techniques du vélo. C’est ce que les fiches marketing oublient de dire.
Dans une ville où les pistes cyclables sont nombreuses, continues et séparées de la circulation – Paris, Strasbourg, Bordeaux, Lyon – le VAE 25 km/h en tire plein profit. Le speed bike, lui, y est interdit. Isabelle Lesens résume bien : « En ville dense, la clé ce n’est pas le 45 km/h mais la continuité des pistes. Un speed bike limité à la chaussée, interdit de piste cyclable, ne remplace pas mieux la voiture qu’un bon VAE si l’usager ne se sent pas en sécurité dans le trafic motorisé. »
Le ministère de la Transition écologique (2023) a documenté que la part modale du vélo atteint 5,3% pour les trajets de 2 à 3 km. Ce pic correspond exactement aux distances où les pistes cyclables existent et fonctionnent. Pas un hasard.
À l’inverse, dans les territoires où la voirie est large et les pistes rares – communes périurbaines, zones d’activités, axes radiaux sans aménagement – le speed bike sur chaussée peut s’avérer plus rapide et plus logique qu’un VAE perdu dans le trafic automobile.
Claire Pasquier le dit directement : « Une part importante des trajets automobiles quotidiens en ville fait moins de 5 km – un VAE bien équipé suffit largement pour un vrai report modal. »
Avant d’acheter, cartographiez votre trajet avec OpenStreetMap ou Géovélo, ou consultez l’outil cartographique de votre mairie si elle en propose un. Cet exercice de 20 minutes peut vous éviter une erreur à plusieurs milliers d’euros.
Peut-on vraiment se passer de voiture avec un speed bike ou un VAE ? Vos questions concrètes
Je fais 8 km par jour en ville avec des embouteillages : VAE ou speed bike ?
À cette distance, en centre-ville, le VAE 25 km/h est le choix à faire. La voiture plafonne à 14-15 km/h de moyenne réelle quand le VAE maintient 18-22 km/h (Upway, 2023). Vous gagnez 5 à 8 minutes par trajet en accédant aux pistes cyclables. Le speed bike, limité à la chaussée et coincé dans les mêmes embouteillages que les voitures sur les premiers kilomètres, n’apporterait aucun gain – et vous imposer de porter un casque cyclomoteur au bureau.
Dans la même rubrique : Vélo électrique : astuces pour rouler en toute sécurité.
Le speed bike 45 km/h m’obligerait-il vraiment à prendre une assurance et un casque moto ?
Oui, sans exception en France. Le speed bike est classé cyclomoteur léger : immatriculation, assurance RC, permis AM ou B, casque homologué cyclomoteur et gants sont obligatoires (Backpower, 2023 ; Cyclable, 2022). Comptez 150 à 300€ par an d’assurance selon l’assureur, plus le casque à acheter. C’est la loi, pas une option.
Mon trajet fait 22 km chaque matin en périphérie, sans piste cyclable : le speed bike vaut-il l’investissement ?
C’est le profil pour lequel le speed bike a été créé. À 32-38 km/h de moyenne réelle en extra-urbain (Cyclable, 2022), vous gagnez 15 à 20 minutes par rapport à un VAE 25 km/h et remplacez vraiment un deuxième véhicule – comme Jean Coldefy le souligne. Deux conditions : votre batterie doit dépasser 600 Wh pour l’aller-retour sans recharge et vous devez accepter les obligations réglementaires (assurance, casque, immatriculation) sans les subir comme une contrainte.
Mon verdict : pour 9 Français sur 10 en ville, le VAE 25 km/h est le seul choix rationnel
Le speed bike est un excellent produit. Mais il est souvent vendu avec un discours qui ne convient qu’à un profil très spécifique : grands rouleurs périurbains, trajets de 15 à 30 km, voirie sans piste cyclable. Ce profil ne concerne pas la majorité des urbains.
Pour les 76% de Français qui vivent à moins de 4 km de leurs équipements essentiels (ADEME, 2025) et font des trajets quotidiens de moins de 10 km, le VAE 25 km/h est plus rapide que la voiture, plus simple à utiliser, moins cher à posséder, autorisé partout sur les pistes et n’exige ni permis ni casque moto. C’est une question de cohérence entre le produit et l’usage réel, pas une question de technologie.
Baptiste Gaborit pose le vrai sujet : « À 45 km/h, l’énergie cinétique et donc la gravité des chocs augmentent fortement en cas d’erreur. » une réalité. Ce choix engage votre sécurité autrement qu’un VAE urbain.
Élodie Maurin le formule mieux que quiconque : « Le bon remplaçant de la voiture, c’est celui qui colle à votre distance, à votre confort et à vos contraintes réglementaires, pas forcément celui qui va le plus vite. »
Mes 14 km quotidiens à Lyon me l’ont appris à mes dépens – j’ai voulu le speed bike pendant six mois, avant de comprendre que mon VAE sur la piste du bord du Rhône était déjà imbattable. La vitesse qui manque, c’est souvent celle des feux verts.
