Impressions de la Transvésubienne 2010

Cela n’est pas dans les habitudes de jepedale.com mais voici un article rédigé par un invité suite à sa participation à la Transvésubienne 2010.

Julien a été un amateur très éclairé de vélo (VTT & route) mais a depuis quelque peu raccroché pour raisons professionnelles (NDLR: il a pris du poids quoi !).

Il vient pourtant de participer à la Transvésubienne et a bien voulu partager ses impressions de l’intérieur. (A noter que sa dernière phrase a été écrite sous le coup d’un déchaînement d’endorphines suite à son effort intense et ne peut donc en aucun cas être prise au sérieux :p )

Cher Julien, je te sais gré d’avoir couché sur papier tes impressions de cette magnifique course. Merci également pour les photos et bien évidemment bravo pour ta Transvésubienne 2010!

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Julien Egle : j’ai 27 ans, je suis passionné de mer, de montagne et d’Amérique du Sud. Je suis un ex-coureur cycliste pour l’OCC Antibes, le Sprinter Club de Nice et l’UC Monaco. J’ai participé à différents championnats de France route et VTT.

Pour ceux qui aiment le VTT, il y a de quoi être servi avec la Transvésubienne. Cette épreuve se déroule chaque année à travers la vallée de la Vésubie qui s’étend de l’arrière pays Niçois jusqu’au Mercantour.

Fondée il y a déjà plus de dix ans, cet évènement regroupe de plus en plus de participants de toute l’Europe venus s’affronter aux rudes sentiers des Alpes du Sud.

En 2010 on atteint quasiment les 1000 engagés. Même pour les premiers c’est une course contre soi-même où il faut savoir gérer son effort tout en épargnant son matériel au maximum afin de franchir la ligne avec toutes les pièces !

Après une première participation en 2006 à l’époque “compétition” j’ai re-signé cette année avec le simple objectif de terminer. On sait en s’inscrivant qu’on ne pourra pas se passer d’un minimum d’entraînement. Je m’étais fixé l’objectif de la Transvésubienne afin de reprendre une vie sportive un peu plus soutenue. En effet, lorsque la famille ou le travail prennent la priorité, on a parfois tendance à réduire le temps qu’on passe à faire du sport. C’est peut-être un tort, quand on est en forme ne gère-t-on pas mieux le reste ?

J’ai commencé ma préparation quelques mois avant par un peu de ski de randonnée, de la course à pied, de la piscine, de la gym maison, et un peu de vélo quand même mais essentiellement de la route. Ma meilleure semaine je suis parvenu à placer 12 heures d’entraînement et 2 cyclosportives sur route pour faire du foncier.

Après une courte nuit dans le dortoir d’une auberge à St Martin de Vésubie avec deux des favoris de l’épreuve, Julien Tournebize et Thibault Legastellois, on enfile notre tenue et on prend notre sac à dos contenant : à manger pour une tribu, du matériel de réparation, un sifflet, un téléphone et une couverture de survie (obligatoires).

Nous voilà au petit matin le jour J, fraîchement levés à 4h00 pour un départ massif 2 heures plus tard. Je me retrouve dans la première vague entouré de VTTistes de toute espèce. On croise du descendeur qui a décidé de se mettre au sport armé de protections, au coureur de cross country qui a décidé de se mettre à la descente, sûrement quelques habitués de raids et évidemment les touristes qui, comme moi, viennent passer une bonne journée pour le paysage.

Feu donné, départ lancé, on commence à froid par un petit apéro de 800 mètres de dénivelé en peloton. Au sommet ça s’effrite pour partir dans une descente assez technique en sous bois. Les descendeurs fous hurlent « attentiooooooooon !! » dans l’espérance que les autres s’écartent. Parfois ça met bien la pression en tout cas !

Les jambes sont OK mais il ne faut pas s’enflammer, car c’est la gestion de l’effort qui permet de terminer. On continue une succession de montées et de descentes en découvrant les premiers portages avant d’entamer une descente sur le magnifique Brec d’Utelle mais qui laisse des douleurs au bras car très pierreuse et irrégulière. Je continue la progression avec un participant qui avait une roue soudainement devenue carrée mais qui apparemment ne voulait pas renoncer. Je me rends compte qu’il manque du VTT à ma préparation et que des grosses lacunes techniques vont ralentir la journée.

Le soleil commence à chauffer et on entame la montée vers le col de la Madone avec un premier long portage vélo sur le dos. Les portages ça fait mal et ce n’est pas ce qu’il y a de plus marrant mais on regarde tous nos pieds et on fonce vers le sommet.

Au sommet, arrivé au premier grand ravitaillement, il y a beaucoup de monde et tous sont affamés. A ce stade, on a passé les 4 heures de course. On repart sur un enchaînement d’une très belle et longue descente raide et technique avant d’entamer la torture de la journée en plein cagnard: la montée du Dragon. A cause d’une mauvaise gestion de mon alimentation, je dois faire une pause de 10 minutes en pleine ascension. Une barre de céréale, un babybel et le paysage me remontent le moral et me permettent de repartir.

Dans la descente suivante, on entend des “ahhhhhhhhhhhh ahhhhhhh” ; avec assez de lucidité on se dit que cela pourrait bien être quelqu’un ! En effet, un concurrent ayant raté son freinage se trouve 3 mètres plus bas. Sur ce genre d’épreuves on se file tous un coup de main et c’est ça qui est bien ! On l’aide à sortir de son trou et après s’être assuré qu’il allait bien nous nous laissons sur un “bonne chance mon pote”. En continuant, je croise un ami sur le parcours qui me donne un sandwich, de l’eau et m’informe que Maxime, le frère de mon ami Sylvain, a fait une mauvaise chute dans un ravin et donc a dû être hélitreuillé. Heureusement il ne laisse qu’une cheville dans la bataille mais gagne néanmoins une belle balade en hélico direction les urgences. Comme quoi on peut se faire mal, prudence donc.

Ensuite une phrase raisonne sans cesse dans nos têtes : on n’a jamais été si proche de l’arrivée… on n’a jamais été si proche de l’arrivée…on n’a jamais été si proche de l’arrivée… et pourtant, il reste bien 3 heures à tirer dans l’arrière pays niçois : Aspremont, Levens, Mont Gros et sa belle descente. On termine par un passage dans le Paillon, cours d’eau où se jettent tout les égouts Niçois. De quoi arriver avec un bon parfum dans la dernière ascension vers les arènes de Cimiez à Nice où nous attendent : une superbe hôtesse qui, malgré l’odeur des participants, nous collera un autocollant finisher, une paëlla ainsi que ma famille et mes copains !

L’organisation de cette épreuve a été superbe du début à la fin, la signalisation était bonne, la sécurité assurée dans une mesure suffisante, les ravitaillements étaient complets, l’ambiance excellente et les participants tous sympas. Seul bémol, l’épuisement de l’eau sur un des ravitaillements qui ne m’a pas causé trop de torts mais a dû désagréablement en surprendre certains. Le plaisir était au rendez-vous malgré les souffrances attendues. Les paysages étaient magnifique, les descentes ludiques, et évidemment le plaisir du sport était au rendez-vous. A noter les nombreux passionnés de vélo sur certains points du parcours pour nous soutenir !

Après 10h30 d’efforts, on a gagné un autocollant, on a fait 86 km en distance, 3300m de grimpe et 4800m de descente. Le soir direction la boîte de nuit pour fêter cela ! Pour ma part ça sera plutôt le lit dès 21h30…

On vous attend donc pour la Transvésubienne 2011 avec Sébastien à qui cela a donné envie de faire du VTT.

2 réponses

  1. Merci beaucoup pour cet excellent article au contenu riche et intéressant.

  2. [...] Publié le 10 septembre, 2010 par Sébastien Après Julien qui nous a raconté sa Transvésubienne, un nouvel invité sur jepedale.com : Alexis de XÜ. J’ai rencontré Alexis il y a quelques [...]

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