Le coût d’une loi rendant le port du casque obligatoire à vélo

John Hanson

Photo by jon hanson

Le sujet est beaucoup moins sexy que la vidéo de Danny MacAskill, j’en conviens. Cependant cela nous concerne a priori plus directement !

Piet de Jong, chercheur en études actuarielles à l’université Macquarie en Australie, s’est penché sur les impacts financiers d’une loi rendant obligatoire le port du casque à vélo.

Il a ainsi développé un modèle dont l’approche vise à apprécier d’une part les avantages médicaux d’une augmentation de la sécurité via le port obligatoire du casque et d’autre part les coûts générés par la réduction automatique de la pratique du vélo que provoquerait une telle loi.

Son modèle vise à focaliser le débat législatif sur la santé en général comme étant une fonction des paramètres clés suivants : l’usage du vélo, les taux d’accidents, les taux de protection d’un casque, les bénéfices de la pratique du vélo en terme d’environnement et de santé. Il a ainsi appliqué son modèle aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à la Hollande.

La lecture de l’étude est assez aride mais passionnera les plus matheux d’entre nous. La conclusion est par contre très simple ; ainsi alors que des pays comme le Canada, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande sont pour le port obligatoire du casque à vélos (contrairement aux Etats-Unis ou aux pays d’Europe du Nord), le modèle de Piet de Jong prouve qu’une telle loi ne provoque aucun impact sociétal positif en terme de santé.

Les termes de sa conclusion sont choisis avec soin car le modèle ne vise évidemment pas à contester l’avantage que procure le port d’un casque au niveau personnel mais plutôt à évaluer son impact au niveau de la société.

Et au niveau de celle-ci, la conclusion est sans appel, la mise en place d’une telle loi aux Etats-Unis entraînerait un surcoût en terme de santé de près de 5 milliards de dollars. Au Royaume-Uni, ce surcoût est évalué à 0,4 milliard de dollars, et à 1,9 milliard en Hollande.

L’étude en anglais est disponible ici.

6 réponses

  1. Ben oui logique que celà entraine un surcout
    le nombre d’accidentés en vélos ne diminuerait pas de manière significative.
    Alors que le nombre de décès lui diminuerait fortement ce qui ferait plus de paralysé, fractures et autres contusion à soigner.
    Je sais ma réflexion est assez cynique mais plutôt réaliste

  2. Damien, Tu dis n’importe quoi. Ce surcoût en terme de santé publique serait dû essentiellement à la polution. Car qui dit casque obligatoire, dit baisse de 30% d’utilisateur de ce mode de transport (écologique) et donc augmentation des utilisateurs de transports polluant… et donc augmentation des accidents respiratoire…

  3. Et diminution de l’espérance de vie (sédentarité, etc.)

    Par contre, au Canada le casque n’est pas obligatoire. Il l’est seulement dans certaines provinces (par exemple le Nouveau Brunswick mais ce n’est pas très respecté)

  4. Encore une loi de plus, vous n’en avez pas marre de toutes ces obligations! Les gens sont assez intelligents pour savoir ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Laissez nous vivre un petit peu. De toute façon, ce n’est pas un petit bout de casque qui va nous sauver car le plus gros risque en vélo c’est de se faire taper par une voiture, un bus ou un camion alors casque ou pas casque ça ne change pas grand chose. Ce qui sauve la vie des cyclistes, c’est des vêtements très voyants et des lumières leds qui flashent car même le conducteur bourré ou trop occupé avec son téléphone portable sera averti.

  5. Et encore une occasion de devoir répéter cette célèbre citation d’un ancien président des Etats Unis :
    « Celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour gagner un peu de sécurité ne mérite tout simplement ni l’une ni l’autre … »
    A bons entendeurs …

  6. @Jean-François intéressante comme citation, quel est ce Président ?

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