Je suis extrêmement content de vous proposer aujourd’hui l’interview d’un homme qui compte dans la pratique du vélo en France. C’est un personnage de l’ombre qui a un impact direct sur la vie de milliers (millions ?) de cyclistes quotidiens. Il s’appelle Olivier et est chef de produit vélos de ville chez Décathlon. Le voici en photo ci-dessous lors d’un voyage d’études en Chine.
I am very pleased to post Olivier’s interview. Olivier is the City Bikes Product Manager at Decathlon. Though working in the shadow, this guy has a direct impact on thousands (millions?) of bicycle commuters. The interview was done in french and translated to english afterwards. Forgive any mistake as i am not a professional translator
Below is Olivier during a business bicycle trip in China in order to better know his customers’ needs!
Read the english version of the interview.
1-Bonjour Olivier, pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour Sébastien, Olivier, Chef de produit sur les vélos ville depuis 1 an1/2, chez décathlon depuis 9 ans. J’ai commencé responsable de rayon, puis j’ai occupé le poste de responsable exploitation, avant de reprendre la direction d’un magasin.Ce passage magasin nous permet de bien connaître les clients, leurs attentes.
2-En quoi consiste le travail de chef de produit Vélos de ville chez Décathlon et quel est votre périmètre de responsabilités dans le processus de création de nouveaux vélos ?
Rendre accessible au plus grand nombre les plaisirs des déplacements à vélo.
Le travail de chef de produit est large. Il consiste dans un premier temps à bien s’imprégner du marché, bien connaître les attentes des utilisateurs, et surtout des non-utilisateurs afin de les aider à franchir le cap. Mon obsession, aider les gens à aimer le vélo en leur proposant des vélos fiables, sécuritaires et facile à vivre.
Le CDP est responsable du développement du vélo de l’idée à sa commercialisation.
3-Pratiquez-vous le vélo régulièrement ?
Oui, bien sûr. Je vais travailler à vélo tous les jours. Je dépose ma fille à école au passage, et ce, toute l’année. Je roule 11 km pour aller et 11 km pour revenir au domicile plus quelques déplacements le week-end et des sorties en famille ou trekking/vacances.
4-Où puisez-vous l’inspiration pour faire votre travail ?
C’est un travail de tous les instants. Le métier de CDP est un métier que l’on exerce 24h/24h. Je puise l’inspiration sur mon vélo, sur les vélos de mes amis, en regardant les gens rouler, à la tv, sur internet, lors de mes voyages (notamment en Europe du Nord et Asie), dans les magasins, et même il m’arrive de rêver à des solutions concrètes…
5-Les vélos elops 4 et elops 6 semblent marquer une évolution importante dans l’offre de vélos grand public en se rapprochant des vélos que l’on trouve en Hollande et en étant agrémentés d’accessoires pratiques et bien pensés (carter de protection, dynamo moyeu Shimano, moyeu Shimano Nexus ou double béquille, antivol intégré sur la roue arrière). Est-ce une “rupture” recherchée qui correspond à un nouvel usage du vélo en France ou une évolution naturelle de votre offre ?
Vous avez complètement raison, ces vélos ont les attributs des vélos typés Europe du Nord. Ils ont été conçus pour ce marché au départ. Et au vu du succès de ces vélos, nous avons voulu dupliquer ces modèles et les proposer sur le marché Européen. Une belle réussite, car les clients ont compris la valeur ajoutée de ces vélos et les plébiscitent.
6-Le Triban Road 5 plus racé et agressif semble s’adresser à un nouveau public qui conçoit la ville comme un terrain de jeu et d’adrénaline (pneu slick Schwalbe kojak, pédales larges, freins avant à disque, cadre rigide, équipement réduit pour poids limité), comment l’idée du Triban Road 5 est-elle née ?
Comme écrit auparavant, le terrain est le lieu idéal pour l’inspiration. Et il s’avère que dans certaines villes denses, ce genre de vélo racé est très apprécié. (Les coursiers New Yorkais sont à la base de ce produit). Il fallait créer un vélo qui soit aussi sportif que les vélos route, et en même temps urbain et avec un design plus tendance, plus jeune.
C’est pourquoi aujourd’hui, mes confrères de la route proposent également une gamme complète de vélo typé sport au look plus moderne, les modèles “sport”.
7-Il y a un type de vélo que Décathlon ne produit pas encore, ce sont les vélos “utilitaires”. Je pense ici aux vélos du type Fr8 de WorkCycles. Pourquoi ne concevez-vous pas ce type de vélos ?
Ce vélo était proposé il y a 7 ans par décathlon. Il n’a pas eu un succès commercial fort. (peut-être trop tôt, le marché n’était pas mature). Mais nous n’écartons pas cette cible de nos projets de développement.
8-Cette question fait suite à la précédente, à quand la possibilité de mettre à l’avant de son vélo autre chose qu’un petit panier riquiqui ? Par exemple des racks permettant de transporter des charges d’une dizaine de kilos ?
Le plus tôt possible. ;)
9-Avez-vous remarqué une évolution dans la pratique du vélo de ville au cours de ces dernières années ?
Oui, les villes, les collectivités jouent le jeu et les pistes cyclables sont de plus en plus nombreuses. Les vélos libre service en développement aident les gens à franchir le cap de la pratique, et certains deviennent accro. Le plus dur, c’est de s’y mettre. Une fois que l’on connait les joies que procurent les déplacements à vélo, on ne peut que continuer et donner envie à nos proches, aux gens de goûter à ce bonheur.
Un site qui peut vous aider à pratiquer: www.btwinclub.com
10-Quels sont les meilleurs ventes de vélos de ville Décathlon en France d’une part et dans le reste du monde d’autre part ?
Le modèle elops 3.
11-Pourquoi le vélo ?
Sur 2008, j’ai parcouru environ 4000km en vélo. Si j’avais pris la voiture, cela m’aurait couté environ 280€ en carburant, 150€ en assurance (et je ne compte pas les frais liés à l’achat/l’entretien de la voiture). En un an, un vélo peut être amorti aisément.
De plus, cela m’a permis de pouvoir m’entretenir physiquement. Etant en plus un runner, je peux garantir que les déplacements à vélo aident à entretenir une bonne santé.
Cela permet de faire des trajets accompagnés. Et enfin, je ne suis pas nouveau en pensant que si chacun pouvait faire ses courts trajets à vélo, nos villes seraient bien plus agréables à vivre. Un petit geste de chacun pour une meilleure vie de tous et une planète meilleure.
1-Hi Olivier, can you introduce yourself ?
Hi Sebastien, I am Olivier, I have been a City Bikes Product Manager for 1.5 year and have been working at Decathlon for 9 years. I started as a Department supervisor, then became Operations manager and eventually Store manager. My experience in a decathlon retail store is a real added-value to understand customers’ needs.
2-Can you tell us what is your job all about? What are you responsible for in bicycles development process?
My job is to help as many people as possible to enjoy the pleasure to ride a bicycle. My job as a Product Manager is quite broad. I first need to get a good understanding of the market, clearly understand riders’ expectations, and most of all non-riders’ to help them cross the chasm. My obsession is to help people love their bike and provide them with reliable, secure and easy-to-live-with bicycles. The PM is responsible for the whole development process, from concept to sale.
3-How often do you use your bicycle ?
I use my bicycle to go to the office every day. I use it to drop my daughter off to school all year long. I ride 11km to go to work and 11km to come back home, I also do a few rides over the weekend or with my family. I also use my bicycle during my holidays or treks.
4-Where do you get inspiration from in order to do your job ?
Product Manager is a 24h job. I get inspiration when riding my own bicycle, my friend’s bicycles, when I observe people riding, on TV, on the internet, while traveling (especially in Northern Europe and China), in stores, and I can also dream of specific solutions.
5-The elops 4 and elops 6 are closer to the kind of bicycles we see in Holland designed with useful and well-thought equipments (full chainguard, dynamo hub, Shimano Nexus rear hub, double stand). Is it a break in your development strategy based on new behaviours seen on the French market or just a natural evolution?
You’re completely right, those bicycles look like bicycles in Holland. They have initially been built for this market. Since they got a great success, we decided to launch them in the other European markets. It is a great success because our customers have understand the added-value that those bicycles provide , and they love it.
6-The Triban Road 5 with its more aggressive design seems to target serious riders who wants to have fun and seek adrenaline (Slick Kojak Schwalbe tires, large pedals, disc front break, rigid frame, limited weight), how did you get the idea to create the Triban Road 5?
As written before, being on the field is the best way to get inspired. Moreover in some big cities this kind of bike is very much appreciated (New York City bike messengers have been the main source of inspiration for this product). We wanted to create a city bike close to sport bikes but with a more trendy and urban design, younger as well. That is actually why Road Bikes Product Managers have release a new set of road sport bikes with a more modern look.
7-There is one kind of bicycle that Decathlon does not produce yet: utility bicycles. I have got Workcycles’ FR8 in mind. Those versatile bikes allow rides over short or medium distances while carryings kids and any other goods. Why is that?
This bicycle got produced 7 years ago by Decathlon. However it was a commercial failure (may be we released it too early in a non-mature market). But this kind of bicycle is still in our product development scope.
8-Following question 7, when will it be possible to put something different than front pannier to carry heavy loads? Something like frame-mounted front carrier?
As soon as possible
9-Have you noticed any evolution in the city bike culture over the last years?
Yes, cities and local institutions are keen on creating cycle tracks. Bike sharing systems are rising and thus help people start riding bicycles, and some of the users become addicted to it. The most difficult is to start riding bicycle, once you’ve felt the pleasure to ride a bicycle, you can do nothing else but carry on, and start evangelizing people around you. Here is a good site to do so: www.btwinclub.com
10-What is Decathlon’s bestselling bicycle?
The elops 3 model
11-Why bikes anyway?
In 2008 I rode 4000km. If I had driven a car, it would have cost me 280€ of gas, 150€ of insurance (and not counting buying and repairing the car). A bike can easily be amortized in a year. Moreover, I’ve been able to stay in an excellent shape. Being a runner, I can assure you that riding my bicycle keeps me healthy. I can also carry other people. Last thing, though not that new, I think that if everybody could be riding bicycles especially over short distances, our cities would be more pleasant to live in. A small action for a better life and a better planet.
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